L'adorateur de Dieu, Alain Moloto :
L'appel de Dieu s'établit toujours dans le temps
«Kotika ngai te Yesu », « Sublime », « Une heure avec Jésus », on n'aurait plus ces modèles d'adoration que sur support si Dieu n'en avait pas disposé autrement après la terrible attaque qui a terrassé notre frère Alain Moloto. La rumeur l'avait dit mort, mais le Seigneur lui a fait grâce. Aujourd'hui les frères peuvent se tranquiliser. Le Seigneur a ramené parmi nous son serviteur. « Je me suis dis, si le diable veut ma mort, ce que je le dérange quelque part et pour bien plaire au Seigneur, je vais lui faire encore très mal », a annoncé Alain Moloto qui prépare une nouvelle « Heure avec Jésus ». " Mon but et ma joie aujourd'hui, après tout le bilan que je peux faire, c'est de rester dans le cadre de la vision et d'avoir accompli la mission ", déclare-t-il.
Débuts dans l'inconscience
Malgré sa participation dans la chorale catholique dans sa jeunesse, une participation active vers les années 80 dans la la comédie musicale pour l'éducation des masses, comme tous les jeunes à l'époque, et aujourd'hui encore où les gens font certaines choses comme tout le monde le fait, Alain Moloto n'avait pas conscience du travail actuel.
Un élan intérieur l'habitait cependant. " Et quand il m'arrivait d'être seul, par moment, je me retrouvais en train d'écrire des louanges à la gloire de Dieu. Je n'avais rien à avoir avec Dieu puisque je n'étais pas sauvé ", témoigne-t-il. " Je me rappelle d'ailleurs, qu'un jour lorsque je relisais toutes mes notes, mes chansons étaient toutes des chansons d'adorations. Je parlais d'un Dieu que je ne connaissais pas. Je me suis dit " qu'est-ce que j'ai à voir avec Dieu . J'ai déchiré tous mes papiers ", et à plusieurs reprises, affirme-t-il.
De fil en aiguille, il rencontre le Seigneur en 1987.
Le premier élan qui est monté en lui était d'exprimer ses mots d'amour à ce grand Dieu qui l'a sauvé. Il commence à s'intéresser à Dieu sans vraiment suffisamment d'informations en terme musical. Peu importe. Il se donne cependant une discipline pour différencier tout ce qu'il pouvait écrire par l'humanité ou pour toute autre cause. Faire pour Dieu quelque chose de réel, de profond : exprimer sous forme poétique car il estimait que les vers exprimaient mieux une pensée intérieure.
Il s'engage dans une équipe de musique qui évoluait dans le cadre de l'Eglise de Mangembo à Bandalungwa, '' La main de l'Eternel ''. Il a quelques difficultés, avoue-t-il. Les cantiques d'adoration et d'amour pour Dieu qu'il recevait étaient rendus autrement avec un tempo saccadé. '' Un contraste entre l'élan intérieur qui me les inspirait et l'expression donnée par la suite. Je n'ai pas su partager mes convictions profondes avec le groupe ''.
J'ai du faire un travail en solo. '' Kotika ngai te yesu '', son premier album solo sort en 1993. Dans l'inconscience tout de même du vibrant appel. En 1995, '' Jésus, le Prince glorieux '' arrive avec l'appui de Kool Matope, Rhuno Mvumbi, Franck Mulaja. Mais ce travail est jugé autrement. Une jeune chrétienne le critique ouvertement pour le rythme d'adoration donné à la chanson. Elle voulait une cadence saccadée et tonitruante.
Un avis qui l'a découragé. '' Je suis rentré chez moi et je me suis demandé : c'est ça que je devais faire ? '', témoigne Alain Moloto. Il est dérangé et tente de s'aligner sur tout le monde lorsqu'un frère vient le réconforter de la part du Seigneur, sans être au parfum de l'incident avec la jeune sœur. '' La musique que tu fais-là, c'est Dieu qui la veut ainsi. Ne te laisse pas influencer par tout ce que tu peux écouter de négatif '', raconte-t-il. Moloto est bouleversé et se décide de maintenir le cap.
La voie se précise
En 1997, Kool Matope lui demande de travailler avec lui à la Radio Sango Malamu (RSM) à ses origines, dans le cadre d'une émission de musique chrétienne tous les jours de 7 h à 7h30. Je me chargerai du '' Micro-mobile '', une rubrique qui consistait à répondre, au nom de l'émission, à toutes les invitations reçues pour le weekend. En allant faire des reportages partout, le Seigneur a commencé à lui parler de l'adoration.
'' Regarde bien ce qui se passe '', me disait le Seigneur. '' Je voudrais bien une chose que je ne trouve pas '', relate-t-il. C'est le réveil de façon particulière pour l'adoration. '' Il y avait quelque chose que j'exprimais à ma façon, mais là c'était vraiment assez sérieux '', affirme le leader du '' Groupe Adorons l'Eternel '' (GAEL). '' J'aimerais autre chose, lui disait le Seigneur. Que tu participes au vent de la restauration que je fais souffler dans l'Eglise. Et la mission que je vais te confier est que tu fasses comprendre à l'Eglise de ramener au sein d'elle l'adoration ''.
C'est le début d'un marathon d'une année de prière afin d'obtenir du Très Haut '' comment ça devait se passer ''. Cela débouche sur une émission d'adoration à la RSM. Il s'assurer auprès de Kool Matope si cela n'était pas incompatible avec l'émission musicale. Rapidement un espace d'une heure lui est accordé.
Le 7 mars 1998, commence l'émission ''Adorons l'Eternel ''. Sur ordre du Seigneur, il devra inviter les chrétiens à l'adoration au studio de la radio pendant une heure. C'est avec la sœur Esther Nzau qu'il anime l'émission numéro zéro. Une difficulté cependant : répérer par exemple un cantique d'adoration au milieu d'un album de 12 titres en cours d'émission. D'où il fallait trouver un support sur lequel il fallait graver les paroles d'adoration pour faciliter l'émission.
'' Je suis entré en studio d'enregistrement où je prononçais les paroles d'adoration alors que le frère Lazare Takasasa jouait au piano. L'émission se passait désormais en différé avec le CD que je ramenais du studio. Après plusieurs émissions, je me suis rendu compte qu'il était possible de déplacer une équipe et de faire le direct à partir du studio où on devait en même temps chanter ''. Il fait alors appel à son ''fils'' Franck Mulaja, qui faisait partie d'une chorale et suivait de loin le travail, afin de recruter des choristes. '' Nous nous sommes vite retrouvés à l'étroit '', déclare-t-il et l'émission fait éclater l'audimètre.
A la fin juillet 1998, avec le peuple de Dieu réuni, est organisée à l'Hôtel Intercontinental (aujourd'hui Grand Hôtel Kinshasa) la première sortie du travail que nous faisions en studio. C'était le trop plein à tel enseigne que les chahuts des frères qui n'ont pas trouvé des places dans la salle ont interpellé le DG de l'Hôtel, furieux du désagrément pour ces clients.
Tout simplement glorieux
Le 2 août, la guerre a éclaté et divise le pays. La Télévision Sango Malamu accorde un espace au groupe, dans le cadre des louanges à adresser au Seigneur pour appeler à la fin des hostilités. La célébration du Grand Hôtel passe en boucle à la télé et ce que les gens écoutaient à la radio, ils le vivent en image. '' C'était glorieux '', fait remarquer le frère Alain. La nécessité de présenter un modèle d'adoration se précise. L'émission ''Adorons l'Eternel '' donnera son nom au groupe. '' Beaucoup de chrétiens étaient habitué à d'autres formes de louange mais l'émission à la télé a favorisé l'adhésion massive de beaucoup de cœurs '', avoue notre frère.
Sublime heure avec Jésus
Le groupe Adorons l'Eternel compte à ce jour 5 modèles d'adoration (qui ne sont pas des albums. Pour Alain, un album serait un ensemble de cantiques qu'on place sur un support audio et vidéo sur le plan marketing et promotionnel). D'abord '' Yawhé to belemi '' et '' Sublime '' vol. I et II en 2003.
Lorsqu'il s'est présenté des problèmes avec ses ''fils'', Franck Mulaja, Henry Papa et les deux filles qui sont partis, le Seigneur lui ordonne de revenir à la vision originale, transposée de la radio à la télévision. Ainsi, pendant que le groupe adore au studio, il est enregistré et pris en image en live. Un petit nettoyage suffisait ensuite, assure le leader de GAEL.
'' C'est là que le Seigneur m'a inspiré ''Une heure avec Jésus '' où de la 1ère seconde à la 59ème seconde de la 59ème minute, on est en pleine adoration '', indique Moloto. Comme musique sacrée, essentiellement destinée à la gloire de notre Dieu, le groupe à tenu à soigner le côté texte comme partie lyrique et l'habiller musicalement comme il faut. '' Ce 1er volume a encore aidé beaucoup de personnes à s'approcher de Dieu '', affirme-t-il. En décembre 2004, c'est la sortie de volume II avec '' Shilo '' comme adoration phare.
Le choc le plus pénible
Alain Moloto parle de départ de ses 5 ''enfants'' sur 11, pas de séparation car ils sont toujours ensemble, affirme-t-il. Il le ressent comme le choc le plus pénible de ce grand travail que lui confie le Seigneur. '' En tant que responsable, je pense que ce n'était pas encore le moment. Je n'ai pas voulu qu'ils partent. J'aurais voulu trop retenir la corde au risque de la casser. En tant que Parrain et filleul, nous avions intérêt, Franck Mulaja et moi, de conserver nos relations. C'est à mon corps défendant que j'ai accepté leur depart '', regrette le coordonnateur de GAEL qui avait trop compté sur Mulaja, son filleul en plus, sur qui il avait trop investi afin qu'il mène la barque comme futur coordonnateur du Groupe, ne se voyant pas continuer indéfiniment le travail.
'' Lorsque le Seigneur m'a fait comprendre qu'il a voulu que ça se passe comme cela, j'ai dû difficilement avaler la chose… J'ai dû en souffrir pendant très longtemps '', reconnaît-il. Trêve de mortification. Avec une nouvelle énergie, il reprend la barque, autant ramer à contre courant. Heureusement que les chantres, environ 110, sont recommandés par leurs pasteurs et sont formés depuis 1998, car sans critère de sélection, le frère Moloto prie le Seigneur de ne laisser que ceux qu'Il envoie.
Attendre tout du Trône
'' Le secret par rapport au résultat, c'est ce que Dieu est capable de faire lorsqu'il vous appelle réellement dans un travail '', indique cet ex comptable d'Etat au ministère des Finances avec une belle carrière devant lui, qui n'avait aucunement la vocation d'adorateur et n'avait rien à chercher dans les ''histoires'' de Dieu. Mais lorsqu'il a entendu l'appel divin, il s'est investi de tout son être. Il s'est condamné à L'écouter et à suivre ce qu'Il lui disait.
Voici le secret du succès des modèles d'adoration qu'il nous a toujours proposés : '' J'ai donné beaucoup plus d'importance et mis de la valeur à l'offrande de mes lèvres : ainsi, tant que je n'aurai pas reçu du Trône quelque chose que je reconnais dans mon cœur, un témoignage profond de mon être intérieur, que cela vient de Dieu, je ne l'écrirai pas. Tant que je ne recevrai pas du Trône l'élément qui oriente les hommes dans l'adoration, je ne le ferai pas. Ça prendra le temps que ça prendra.
C'est ce qui est arrivée lorsqu'Il m'a dit pour Sublime II de suivre le modèle du Tabernacle. J'ai dû tout arrêter. J'ai dû rentrer dans la Parole de Dieu pour étudier les parties du Tabernacle, les fonctions des sacrificateurs dans chaque partie du Tabernacle et je me suis rendu compte que le Tabernacle de Moïse n'était que l'ombre du véritable Tabernacle, qui n'est pas de cette génération, qui n'est pas construit des mains d'hommes. Je me suis rendu compte qu'il y avait un sanctuaire dans le temple terrestre comme il y avait un sanctuaire dans le temple céleste. Dieu est assis dans son sanctuaire qui est le véritable ''. Ce fut le déclic.
Moloto applique au pied de la lettre l'instruction du Seigneur, même sur le plan du répertoire, de l'ordre des cantiques et finit par mouler le tout dans le cadre de l'expression d'adoration. '' Puisque je voulais parler à Dieu, je devais laisser l'Esprit de Dieu parler en moi, libérer la louange et l'adoration qu'il faut '', explique-t-il, s'appuyant sur les Saintes écritures qui déclarent que c'est pousser par le Saint Esprit que les hommes parlent de la part de Dieu.
Pour y parvenir, il a dû se donner beaucoup de disciplines, de consécrations, d'implication de soi, d'abnégation. '' Il y a bien sûr un combat de tous les jours si on cherche à plaire à Dieu '', reconnaît-il. Le secret, c'est la dépendance que l'homme a par rapport à Dieu. Pour Alain Moloto, c'est dans la communion avec Dieu qu'on peut écouter les choses que les parents terrestres ne peuvent pas prononcer, avoir la nourriture à apporter aux gens qui ont besoin de manger, qui sont assoiffés.
Moloto a aussi fait preuve de patience : attendre le temps que cela devra prendre, '' Dieu est le maître de temps, Il contrôle le temps. Peut-être en courant de par soi-même, on risque d'aller trop vite en besogne et rater de faire ce que Dieu attend de nous '', a-t-il conseillé.
Dieu appelle, Dieu qualifie
Alain Moloto est conscient de ce que la Table du Seigneur est pleine de vomissures. Pour lui, tout se joue de la compréhension des quatre concepts : ''Jeunes'', ''venir'', ''métier'' et ''musiciens chrétiens''. Il épingle le choix que font certains jeunes qui s'autoproclament (qu'il appelle ''volontaires'') parce qu'ils croient qu'ils ont les prédispositions pour le faire. C'est un danger. '' C'est Dieu qui appelle et c'est Dieu qui qualifie. Lorsqu'on vient soi-même, lorsque Dieu ne vous demande pas de faire quelque chose pour Lui, le métier que vous faites, Il ne l'agrée pas '', déclare Alain Moloto.
Quant à la musique, Dieu a besoin des vrais adorateurs qui l'adoreront en Esprit et en Vérité. Il recommande aux personnes qui ont reçu la mission de la part du Seigneur de dépendre entièrement de Lui, de se remettre totalement sous Sa conduite, '' ce qui paraît abstrait mais c'est le meilleur exercice que peut faire un appelé de Dieu '', précise le leader de GAEL.
Alain Moloto explique d'ailleurs son ministère, dans un ouvrage à paraître incessamment, comme un appel qu'il a eu le temps de méditer et qui n'est pas un coup de foudre qui lui est monté sur la tête.
De l'Eglise aux couloirs des éditions
A propos du concept de musicien chrétien, il s'interroge. '' Est-ce un chrétien qui fait de la musique ou une musique qui est rendue par un chrétien ?''. Il explique qu'il faut ramener les choses par rapport à l'image sacrée qu'il faut faire de l'adoration. '' Le Seigneur dit qu'il cherche les vrais adorateurs. C'est cette race de personne qu'Il est en train de chercher. Je ne peux que leur convier tous d'adapter leurs façons d'être, les pensées de leur cœur par rapport à ce que Dieu attend d'eux. Parce que chaque œuvre que nous faisons est un cri qui monte à Dieu. Ce qui importe pour nous, c'est de se présenter un jour devant Dieu. Aujourd'hui, on peut persuader les gens mais si notre contact avec Dieu attriste le Saint Esprit… Ce qui est important pour nous, c'est le bénéfice que nous tirons de toute œuvre que nous faisons ici sur terre au jour de la fin. Il faut donc se conformer à la parole et de ne rien faire pour des gains sordides '', conseille l'adorateur.
Il remarque d'ailleurs aujourd'hui, comme nombre d'observateurs, que '' la chanson sacrée a quitté l'Eglise et elle est dans les couloirs des éditions, des studios et des maisons de vente '' et qu'elle a pris une coloration qui sent le monde, qui le franchit des limites du temple. '' Ce qui fait qu'aujourd'hui, de bons choristes qui ont des voix angéliques ne sont plus dans les chorales. Ils s'en ont allés dans le but de satisfaire des motivations moins saines au lieu de servir simplement le Seigneur '', constate le frère Alain Moloto.
Un message bâclé n'honore pas le Seigneur
Alain Moloto indique que pour lui, l'essentiel c'est de faire passer le message d'adoration. Ne pas retenir la corde dans les contrats de productions pour éviter de priver tout le peuple de ce qui est précieux. Pour preuve '' Une heure avec Jésus '' a été remis gratuitement au producteur. L'aspect lucratif n'a pas été placé comme une préoccupation. Il avise ceux qui viennent de ne pas le faire parce que ça paie car il y a '' risque de produire un travail qui est aujourd'hui bien et demain bâclé parce que l'on court derrière les exigences de temps ''. '' Un travail bâclé ne glorifie pas Dieu '', a-t-il déclaré.
Etudes
Licence en Marketing culturel, préparation DEA, 3ème cycle en Droits humains à l'Université de Kinshasa.
Lire article sur le prochain modèle d'adoration dans la rubrique ''Culture''.
Emmanuel Makila, Lucie Mulumba